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15/03/2013

Dogen Uji


dogen uji,shitao,regard au pluriel

Shitao, Monts Jingting en automne,rouleau vertical, encre sur papier, 1671,86 x 41,7 cm, musée Guimet, Paris.


C’est la façon dont vous devez pratiquer et acquiescer. C’est la façon dont vous devez être-temps. Les anciens maîtres ont déjà prononcé de telles paroles. Y a-t-il quelque chose d’autre à comprendre ? Oui, je dois dire :Il y a demi-compréhension, demi-expression. C’est être-temps. Il n’y a même pas demi-compréhension et demi-expression. C’est être-temps. Votre pratique et votre mise en question doivent se faire ainsi. “Lui enseigner de lever les sourcils et de faire un clin d’œil : Demi-être-temps. 


Dogen Uji être-temps (1240), tiré du Shōbōgenzō,

14:56 Publié dans Dogen Uji, Peinture, Shitao | Lien permanent

01/08/2010

Philippe Beck

 

 

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V.d.p. 2. Prairie de Mauves. Moment 1.


Loire-Suite. Fleuve est un toit. Dessous, la maison longère d’eau, comme les longères de brume après le voile noir, ou maisons d’eau suspendues au-dessus (pans de vapeurs d’aube), comme sur un champ. Inversement, crépuscule compose ses devoirs de mémoire élémentaire, ses forces de prénuit ; et voile avec ses forces de préjour fait des bâtiments dans le pays – il taille le champ. Ou il est taillé dans du verbe antérieur. Compose les traits du moi au fond, ses phrases rudimentaires. Le moi égal aux ondes plonge comme Dauphin Description. Dauphin est affection première, et rudiment d’habitation par ondoiement et vision. Paysage est suggestion d’extension dans l’impression. Ou promesse de sagesse étendue à sentiment profond – Gant de Sentiment. Paysage est suite d’affections. Éléments de raison fille d’impression. Il y a des huiles inégales sur l’eau, pages d’huile de pluie. Des tuiles, pages de perles liées, plans d’ardoise ou de verre gris. Loire est nuancier habité. Un éventail édité par monde. Rivé à des arbres roux, à des berges d’huile d’argent. Des orangeades au ciel. Animalement, pinceau plonge aux pots de peinture dedans. Où trempe Dehors. Mais Dedans est comme sous le verre discret de l’eau ? Marins de passage voient la ville muette, comme sous la cloche longue, et voient ses places, terrasses, comptent ses portes et les bâtiments, peut-être. Féerie en vitrine, abritée des tempêtes qui balaient l’air libre ? Mais décor est cloué et les balaiements commencent dessous. Les ondoiements d’écho et de solidité.



Autumn of Huai Yang (57.1*89.3 cm, by Shi Tao).jpg
Autumn of Huai Yang (57.1*89.3 cm, by Shi Tao)




V.d.p. 24. Moment Pellerin. Bac 1.


Ailes contradictoires de Nappe, courants inverses, esquisses de cavernes, rides larges placent les blancs. C’est le Début de Tourment de F. Il rentre le Danger Profane de l’eau libre. Bac brise la Glace-Lumière, Brise-Papier, comme araignée-ciseau. Il reprise l’eau. Ou elle se reprise. Bac est Chaise-Araignée. Rive est une île. Ne pas avoir l’encre, c’est aimer le travail des rides seules, des liens de tuiles. Mais je vois les relais successifs dans l’eau, malgré l’impossibilité d’y aller. Nuages soufflés, chaos discipliné, rétivité, faillitaires près de l’eau. Les bosses et les fossés-rudiments. Par détachement allègre, pinceau devient aussi motif. Il urbanise. Être comme une planche de rive = descendre des réceptions de terre. Défaut gravé est un brillant, avec angles forts. Défaut Noué mouvemente suspendu la suite brillante. Ciel prend Paysage par vents et nuages, et Décalque de l’air tient Pays. Décalque ou filet à maille unique, passeur. Ce que sait Shitao-Pessoa. Il est Citrouille-gentilhomme. L’attention haute. Rivières et nuages font le liant dans le chant dehors. « N’est-ce pas comme si j’étais paisible, quand je trouve, au-dehors, sous le ciel ardent, d’autres difficultés et d’autres excès que ceux de mon cœur ? » Senancour sort, et devient description. Des descriptions. (Peine a tendance à rentrer dans son cas.)


Philippe Beck, De la Loire, Argol éditions, Collection L'Estran, Poésies contemporaines


merci Philippe



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Mingxianquan and Hutouyan by Shitao




 

16:09 Publié dans Philippe Beck, Shitao | Lien permanent

08/02/2009

L'Unique Trait de Pinceau

                                                                                                                                                          

 

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 l’arpenteur de nuées

 

Pas une âme sur le chemin de brume. Pas même des yeux pour voir cela. Ces formes qui seraient, dans le temps des hommes, un rocher ou un arbre, une rivière peut-être,  mais qui peu à peu se confondent avec le mouvement même où ils s’inscrivent, comme des vagues roulant les unes après les autres sur une grève de vents froids. Espaces disjoints, comme autant de paysages intérieurs, fantomatiques, lieux perdus courant avec les mondes. Je suis Shitao, l’arpenteur de nuées. Je sais que tout cela est réel. Je sais que tout cela est un rêve. Je ne laisse plus mes yeux ajouter des images aux images, car on ne voit que ce à quoi l’on croit. Or je n’ai avec moi aucune certitude. C’est autrement que je regarde. 

 

© Gérard Larnac

texte écrit pour Regard au Pluriel

 

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La Mer possède le déferlement immense, la Montagne possède le recel latent. La Mer englouti et vomit, la Montagne se prosterne et s’incline. La Mer peut manifester une âme, la Montagne peut véhiculer un rythme. La Montagne, avec la superposition de ses cimes, la succession de ses falaises, avec ses vallées secrètes et ses précipices profonds, ses pics élevés qui pointent brusquement, ses vapeurs, ses brumes et ses rosées, ses fumées et ses nuages, fait penser aux déferlements, aux engloutissements et aux jaillissements de la Mer ; mais tout cela n’est pas l’âme que manifeste la Mer elle-même : ce sont seulement celles des qualités de la Mer que la Montagne s’approprie.

La Mer, elle aussi, peut s’approprier le caractère de la Montagne : l’immensité de la Mer, ses profondeurs, son rire sauvage, ses mirages, ses baleines qui bondissent et ses dragons qui se dressent, ses marées en vagues successives comme des cimes : voilà tout ce par quoi la Mer s’approprie les qualités de la Montagne, et non la Montagne celles de la Mer. Telles sont les qualités que Mer et Montagne s’approprient, et l’Homme a des yeux pour le voir…Mais celui qui ne saisit la Mer qu’au détriment de la Montagne, ou la Montagne qu’au détriment de la Mer, celui-là en vérité n’a qu’une perception obtuse ! Mais moi, je perçois ! La Montagne, c’est la Mer, et la Mer, c’est la Montagne. Montagne et Mer connaissent la vérité de ma perception : tout réside en l’Homme, par le libre élan du seul Pinceau, de la seule Encre !

Shitao Les propos sur la peinture


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De plus, à l’intérieur même du monde visible (espace peint), par exemple entre la Montagne et l’Eau qui en constituent les deux pôles, circule encore le Vide représenté par les nuages. Ce dernier, état intermédiaire entre les deux pôles apparemment antinomiques – le nuage est né de la condensation de l’eau ; il prend en même temps la forme de la montagne -, entraîne ceux-ci dans un processus de devenir réciproque Montagne – Eau. En effet, dans l’optique chinoise, sans le Vide entre elles, Montagne et Eau se trouveraient dans une relation d’opposition rigide, et par là statique, chacune étant, en face de l’autre et de par cette opposition même, confirmée dans son statut défini. Alors qu’avec le Vide médian, le peintre crée l’impression que virtuellement la Montagne peut entrer dans le Vide pour se fondre en vagues et qu’inversement, l’Eau, passant par le Vide, peut s’ériger en Montagne. Ainsi, Montagne et Eau sont perçues non plus comme des éléments partiels, opposés et figés ; ils incarnent la loi dynamique du Réel.

François Cheng Vide et plein – Le langage  pictural chinois

 

Regardant sans voir on l’appelle Invisible ; écoutant sans entendre on l’appelle Inaudible ; palpant sans atteindre on l’appelle Imperceptible ; voilà trois choses inexplicables qui, confondues, font l’unité. Son haut n’est pas lumineux ; son bas n’est pas ténébreux. Cela serpente indéfiniment indistinctement jusqu’au retour au Non-chose…On le qualifie de Forme de ce qui n’a pas de forme et d’Image de ce qui n’est pas image…

Lao Tzu Livre de la Voie et de la Vertu (chapitre XIV)

 

J’avais déjà remarqué que dans les travaux des Orientaux le dessin des vides laissés autour des feuilles comptait autant que le dessin même des feuilles.

Henri Matisse Ecrits et Propos sur l’art

 

17:26 Publié dans Gérard Larnac, Shitao | Lien permanent

30/01/2009

Cézanne - Shitao

 

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Shitao, 1642 – 1707 ( ?)

 Peintre, Penseur, Poète, auteur du traité « Propos du moine Citrouille-amère »

 

« Jadis, le peintre Gu Kaizhi atteignit, dit-on, à la triple perfection. J’atteins quant à moi à la triple folie : fou moi-même, fou mon langage, folle ma peinture. Je cherche cependant la voie : ah, accéder enfin à la pure folie. »

 ou encore 

 « me voici hors de la réalité, hors du monde, centré sur l’essentiel, libéré…Ce qui est contenu dans le pinceau, mes émotions, mes désirs, tout ce qui en moi fait fi de la tradition, ne manquera pas de faire hausser les épaules aux « connaisseurs ». Ceux-ci s’exclament : mais ça ne ressemble à rien. »

Cézanne

 « Pénétrer ce qu’on a devant soi, la sensation est à la base de tout, pour un peintre…moi, c’est terrible, mon œil se colle au tronc, à la motte. Je souffre à l’en arracher, tant quelque chose me retient. »

 ou encore

 « Si le peintre sent juste, il pensera juste. »

plus d'informations sur Shitao

 

14:52 Publié dans Shitao | Lien permanent