Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

01/10/2009

Antoine d’Agata / Rafael Garrido



AGONIE

 

 

 

Exposition du 15 octobre au 4 décembre 2009

 


Vernissage le 15 Octobre à partir de 19 h


à l’occasion de la sortie du livre lecture par Rafael Garido à 18h

 

 

Sans titre.jpg

 

© Antoine d’Agata / Magnum photos

 

 

 

1999 / 2009 l’ Atelier de visu a 10 ans

 

 

 

Production de l’exposition: Rencontres d’Arles 2009

En collaboration avec Magnum Photos


19 rue des Trois Rois 13006 Marseille Tel: 04 91 47 60 07 contact@atelierdevisu.fr www.atelierdevisu.fr

 

 

 

« Agonie »: coédition Actes Sud / Atelier de visu

 

 

Membre de l’agence Magnum, Antoine d’Agata est un des photographes les plus influents de sa  génération. Radicale, inclassable, son oeuvre est à la fois le manifeste d’une existence au bord du gouffre et la plus éprouvante expérience photographique contemporaine. Dans un essai exigeant et intentionnellement transgressif, Rafael Garrido, écrivain et chercheur, tente d’explorer les univers complexes du photographe en convoquant notamment Blanchot, Guyotat et Artaud.


Antoine d’Agata et Rafael Garrido sont convenus, à l’été 2008, d’entamer une correspondance régulière à propos d’une sélection d’autoportraits du photographe. Rafael Garrido, écrivain espagnol, dont le dernier chapitre de la thèse “Le corps et la violence dans l’art contemporain” (faculté des beaux-arts de l’université de Madrid, 2008) est dédié à l’oeuvre d’Antoine d’Agata, propose ici une lecture inédite de la photographie de d’Agata. Il s’agit pour une part de confronter l’expérience de l’artiste à des univers non photographiques mais marqués par les mêmes obsessions radicales et, plus encore, de pénétrer au coeur des addictions de toutes sortes qui brûlent cette oeuvre.


Pour d’Agata, ”agonie” est l’occasion d’une expérimentation duelle de son parcours, d’une reconnaissance (qui est aussi une re-saisie) de ses paroxysmes intimes, à l’aune d’un langage et d’un savoir; les photographies retenues existent et vibrent d’une manière inédite, prises dans des effets de sens labyrinthiques où s’exacerbent ses propres pulsions. La “carte blanche” que le photographe et l’écrivain se sont donnée en partage ne vise pas à éclairer ou rendre didactique un travail qui ne cesse depuis vingt ans de repousser l’inconnu de ses limites. “Ce n’est pas notre regard sur le monde qui importe, mais nos rapports les plus intimes avec celui-ci – composition, lumière, narration ne sont plus des questions fondamentales (…). Comment retranscrire une réalité alors qu’on ne relate que la somme de ses propres expériences?” écrit Antoine d’Agata, qui a depuis longtemps perverti les codes de l’acte photographique et vise peut-être à les abolir aux risques et périls d’une vie mise en jeu.


Benoît Rivero

 

 

 

Texte extrait du livre agonie

 

 

On ne peut que consentir. Mais le livre ne sera plus le même. Puisque La Chute c’est la vie qui l’a inscrite dans un corps, La Chute ne sera pas écrite – voire récrite en effaçant ce que l’on écrivit entre le 9 et le 13 décembre et les notes prises au cours des jours suivants. On fera donc, sans l’écrire, la chute du livre. Ce sera l’impossibilité d’écrire la chute qui permettra au livre de s’écrouler. Ce sera l’écroulement qui permettra de poursuivre l’écriture du livre, d’un autre livre. Comme une sorte de pli géologique, comme si c’était la charnière d’un pli parfois anticlinal parfois synclinal, on écrira la fracture, la fêlure. On inscrira ce temps du défaire dans le temps désoeuvré du faire. Dorénavant tout sera fêlure, fente. Prostitution de la prostitution, le temps du livre sera le temps à l’oeuvre de sa pornographie : une monstration constante de la pornographie de toute monstration, soit :

 

- monstration du monde prostibulaire d’où sort l’oeuvre d’Antoine d’Agata (pornographie au 1er degré) ;

- monstration du mode de monstration du monde prostibulaire que d’Agata pornographie (pornographie au 2e degré) ;

- monstration de la réjouissance maladive de montrer et de démontrer (pornographie au 3e degré : sensationnalisme critique de pornographier) ;

- monstration de la conscience de la réjouissance maladive de montrer et de démontrer (à partir de la fêlure – en avant et en arrière –. Pornographie au 4e degré : critique sensationnaliste de la prostitution de la pornographie) ;

- monstration de la conscience de la conscience – peut être celle du lecteur – de la réjouissance maladive de montrer et de démontrer (pornographie au 5e degré : hypocrisie et cynisme) ;

- monstration de la banalité de montrer et d’avoir conscience (pornographie au 6e degré : ironie) ;

- monstration de l’indifférenciation métaphysique entre montrer et ne pas montrer, entre avoir conscience et ne pas avoir conscience (pornographie au 7e degré : cynisme ironique ou ironie cynique ; humour noir, pataphysique quoi: critique de la métaphysique, pornographie de la physique).


Rafael Garido