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29/01/2011

Paul Celan

 

 

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L’automne me mange sa feuille dans la main : nous sommes amis.

Nous délivrons le temps de la coquille des noix et lui apprenons à marcher : le temps retourne dans la coquille.

Dans le miroir c’est dimanche,dans le rêve on est endormi, la bouche parle sans mentir.

Mon œil descend vers le sexe de l’aimée : nous nous regardons, nous nous disons de l’obscur, nous nous aimons comme pavot et mémoire, nous dormons comme un vin dans les coquillages, comme la mer dans le rai de sang jailli de la lune.

Nous sommes enlacés dans la fenêtre, ils nous regardent depuis la rue : il est temps que l’on sache ! Il est temps que la pierre se résolve enfin à fleurir, qu’à l’incessante absence de repos batte un cœur. Il est temps que le temps advienne.

Il est temps.

 

Paul Celan, Corona, du recueil « Pavot et Mémoire ».

 

1963 gelesen von Paul Celan

 


 

Aus der Hand frißt der Herbst mir sein Blatt: wir sind Freunde.
Wir schälen die Zeit aus den Nüssen und lehren sie gehn:
die Zeit kehrt zurück in die Schale.
...
Im Spiegel ist Sonntag,
im Traum wird geschlafen,
der Mund redet wahr.

Mein Aug steigt hinab zum Geschlecht der Geliebten:
wir sehen uns an,
wir sagen uns Dunkles,
wir lieben einander wie Mohn und Gedächtnis,
wir schlafen wie Wein in den Muscheln,
wie das Meer im Blutstrahl des Mondes.

Wir stehen umschlungen im Fenster, sie sehen uns zu von der Straße:
es ist Zeit, daß man weiß!
Es ist Zeit, daß der Stein sich zu blühen bequemt,
daß der Unrast ein Herz schlägt.
Es ist Zeit, daß es Zeit wird.

Es ist Zeit.

22:36 Publié dans Paul Celan | Lien permanent