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11/09/2009

Dessin d'Antonin Artaud

 

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Tous les quignons de survie sont lâchés

Artaud tient la feuille pré-dessinée de sa vie intégrale.

Peut-être n’a-t-il jamais si peu dessiné, je veux dire peut-être n’a-t-il jamais aussi peu débattu, négocié la teneur en amour.

Pour faire ce dessin, j’ai l’impression qu’il restait la boîte à crayons d’un enfant mort, et une feuille dont on n’aurait plus rien fait. Qu’un tel rebut au ras de la vie promettait fatalement une sauvagerie.

Ce qui fut fait.

Tout est inscrit dans ce revers d’épaule, cette tournure qui vient droit montée du silence d’oubliette.

Un dégagement de pureté qui fait peur, car pour en arriver là, il faut avoir eu le cœur crevé et avoir eu sans fin

le mal de sa crevure.

Artaud tient la « fois pour toutes » de l’infini. Plus un détail d’époque, de perte pittoresque

C’est l’heure de la main d’œuvre démembrée.

Plus d’interférences articulaires, plus de « coin des artistes », le dessin part, il ouvre la zone de vie et du ciel nié de ses étoiles délivre la raison fragile d’être fier.


L'Écrouloir Nicolas Rozier Éditions de Corlevour

 

 

16:53 Publié dans Nicolas Rozier | Lien permanent