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26/03/2009

Jan Hubertus

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Biographie  

Biographie Jan Hubertus .pdf

 

Les œuvres  de Jan Hubertus approfondissent le regard. Entre méditation, contemplation ou autre  mot  révélateur,  il y a  avant tout une immersion. Il faut être « prêt » à rentrer sans hésitation dans un nouvel espace pictural, un espace propre à Jan Hubertus, à chercher  le plaisir de « la sensation d’être enveloppé par la peinture et pénétré par elle »  pour que la peinture « se lève », et suscite une vrai émotion, même si cette peinture est pensée  ou alors

le deuxième type d’émotion c’est quand, avec le temps, avec la durée, avec le fait de revenir, peu à peu les couches de sens, cette accumulation de sens, de réflexions, de méditations du peintre, apparaissent.  Daniel Arasse

Bien sur, présenter les œuvres d’un artiste en montrant des reproductions est chose difficile, montrer les œuvres « bavardes» de Jan Hubertus sur internet n’est pas moins aberrant.

Mais….dans le cas de cet artiste absolument inconnu en France, décédé en 1995,  il y a cette absence.  Aucune collection ou fondation qui expose les œuvres de ce peintre important, peu, très peu de références écrites. Un silence. Dommage.

Nous présentons sur plusieurs semaines ces œuvres sur « Regard au Pluriel ».  Dates, textes et hommages,  posés là, proposés comme signe de respect, de reconnaissance, peut-être …j’étais son élève de 1990 – 1992.

Christine Bauer

Le peintre n’inscrit ni son vécu qui s’y trouve forcement et se perd aussitôt, ni la sensation des spectateurs qu’on peut décrire qu’avec notre langage limité. 

B. Wismer 

Les formes de l’art, ancien ou moderne, ne sont pas des copies de formes qui se trouveraient dans l’esprit de l’artiste, pas plus que ce ne sont des copies de ce que l’artiste aperçoit dans le monde extérieur. Dans l’un ou l’autre cas, elles représentent des transpositions, par l’intermédiaire d’un moyen d’expression, un moyen développé par la tradition et par la maturité technique – celle de l’artiste, mais aussi celle du spectateur. 

E.H. Gombrich

 

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10:17 Publié dans Jan Hubertus | Lien permanent

Jan Hubertus

 

 

1920 - 1995

ŒUVRES 

 

Textes de Jacques Lacan proposés par Bruno Le Bail 

Inspiré par les œuvres de Jan Hubertus 

 

 

 

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Sans Titre 1991 
Tempera sur papier Arches
76 x 56 cm

 

 

 

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Sans Titre 1991 
Tempera sur papier Arches
76 x 56 cm

 

 

S’il n’y avait pas de géologie, comment en arriver à penser qu’on puisse passer, au même niveau, d’une couche récente à une couche très antérieure ?

 

 

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Ecriture de nuages 1986 
Aquarelle sur papier Arches
75,5 x 57,5 cm

 

 

Il se passe quelque chose qui change la nature

des deux êtres en présence.

 

 

 

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Sans titre 1967
Encre sur papier japonais
58 x 47,2 cm

 

 

Il y a là un trou. Mais nous n’allons pas tout

de suite y  tomber, car nous pourrions bien

y rester prisonniers.

 

 

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Espace 1990
Aquarelle sur papier Arches
76 x 56 cm

 

Une pareille technique produit dans le sujet une relation de mirage imaginaire avec lui-même au-delà de ce que le vécu quotidien lui permet d’obtenir. 

 

 

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Sans titre 1976
Tempera et sable de quartz
toile sur bois
38 x 30 cm

 

Tous droits réservés

08:00 Publié dans Jan Hubertus | Lien permanent

Jan Hubertus

 

ŒUVRES 

 

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Sans titre 1994/1995
Tempera sur toile
120 x 120 cm

 

 

 

 

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Sans titre 1993
Tempera sur toile
150 x 130 cm

 

 

 

 

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Sans titre  1993 
Tempera sur toile
150 x 130 cm

 

 

 

Jan Hubertus_0021.jpg
Sans titre 1993
Tempera sur toile
150 x 130 cm

 

 

 

 

Tous droits réservés



A suivre...    

 

ÉCRITS


Texte inédit de

Mathieu Blond

“En vrac sur Hubertus” 


07:00 Publié dans Jan Hubertus | Lien permanent

24/03/2009

Morton Feldman

 

Morton Feldman : The Rothko Chapel

 


 

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Espace de couleur 1991
Tempera sur Papier Arches
76 x 56 cm
Collection privée Ennetbaden
Jan Hubertus
Tous droits réservés

 

En vrac sur Hubertus

            Mathieu Blond            
 


La grande certitude est : nous écrivons pour consigner des trucs. Nous couchons des mots sur le papier pour y transcrire des significations. Celui qui contredit cette certitude – probablement est-il un étranger.
 
Un mot écrit renvoie à un mot parlé, chaque lettre, chaque caractère, à un son. De même que chaque mot parlé, à quelque chose au dehors. Il faut que cela soit ainsi – sous peine que le monde s’écroule.
 
Nous découvrons un texte dans une langue étrangère – nous savons que derrière chaque mot, il y aura une parole. Quelque chose avant. Sur ma liste de commission, ce gribouillage « bière », c’est cette chose-là, cette boisson vaguement alcoolisée – et mieux encore, c’est ce rayonnage là-bas, au fond du supermarché, c’est cette bouteille-là… L’écriture, ça sert à retrouver les choses. Ça désigne. Il y a un monde avant elle – et elle sert à récupérer les choses dans ce monde.
 
Il y a eu, autrefois, quelques penseurs, étranges et un peu oubliés, pour dire que, non, les textes, ils ne renvoient qu’à eux-mêmes. Que les mots, les signes, les œuvres d’arts, ne signifiaient rien, ne désignaient rien, étaient comme closes et montées en boucles.
 
Et puis, entre ces deux  dogmes – il y a des œuvres.

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Ce qui est frappant, chez Hubertus – je regarde l’œuvre « sans titre » de 1967 – c’est ce côté « presque de l’écrit ». Ça ne « figure » pas… ça ne « représente pas » tel ou tel objet du monde… Ni une bouteille de bière, ni un coucher de soleil, ni une pomme… Et pourtant ça ne dit pas « rien »… « Rien », ça n’existe pas…
Quelque chose comme une lettre manuscrite, retrouvée trop tard, dont la graphie est éculée – dont la main a trop tremblé. Qu’on ne peut déchiffrer – mais dont on sait que, ailleurs, en d’autres temps, on le pourrait. Je pense aussi aux traces des vers dans le bois… Je pense – aux petites déjections des vers dans le sable à marée basse, ou aux chants d’oiseaux. Je me dis – que je ne déchiffre pas, parce que je suis trop près, ou trop loin… Que je ne comprends pas encore.
 
A la bonne distance, c'est-à-dire juste en face... En même temps... Il n’est pas certain que les poèmes, par exemple, aient déjà leur signification. Pour autant, ce ne sont pas des alignements aléatoires ou absurdes de mots. Ce ne sont pas non plus des choses « ambigües », c'est-à-dire contradictoires, ambivalentes, ou dans lesquelles le sens « oscillerait ».
Non.
Autre chose encore est possible.
 
Hubertus figure quelque chose. Mais son œuvre ne « veut rien dire ». Pour être précise, une œuvre doit multiplier les éléments. Si l’on veut être, non pas compris, mais obéi, on fixe les mots, précisément. On s’assure de leurs redondances, de leurs recoupements. Le code pénal, il « veut dire » quelque chose.
Hubertus, lui, il tremble. C’est la main du vieillard ou du très petit enfant – lorsque la graphie confine à l’électrocardiogramme. Elle enregistre – mais ne « veut rien dire ». Hubertus, est-ce qu’il veut ?
Ni volonté, ni représentation. Mais sens.  
 
IMG_0002_NEW.jpgSonger à autre chose. En Chine, depuis « le début » - c’est affaire de phénix & d’immortels – l’écriture s’est resserrée. Les idéogrammes transcrivent des signifiés, non des signifiants. Ils peuvent tout dire, comme les mots formés avec les lettres de l’alphabet. On peut toujours traduire. On peut tout traduire. Il n’y a qu’un seul monde.
Mais les idéogrammes procèdent en additionnant d’autres idéogrammes, très simples, et encore plus anciens, que l’on appelle des « clefs ». Ces clefs, il y en a peu – cent, deux cents ? Ces clefs, c’est des bonshommes. C’est des chevaux, des rivières, le ciel, la terre… Et sous l’idéogramme le plus complexe, voué à peindre les concepts les plus délicats et les plus savants, il reste toujours ceci – la montagne, le vent… Avec très peu de clefs, on peut tout écrire.
A force, ces signes-là sont devenus, non pas abstraits – le signe de la montagne, il continue de désigner cette montagne, celle-ci, Himalaya ou Mont Puget – mais sibyllins. Ainsi, la montagne, c’est la stabilité. C’est l’élévation. C’est presque le ciel. Alors moi, crétin savant, je parle de « métaphore ». Mais ça n’est pas ça.

Ces signes-là tremblent. Ils sont un peu énigmatiques. Ils sont un peu comme des questions. Ils sont ouverts. Le signe de la « montagne », il est avant la montagne.
Nous ne parlons pas, nous n’écrivons pas – et Hubertus ne peint pas - « pour se faire comprendre ». Mais pour comprendre lui-même. C’est plus proche des schémas mathématiques que des compte rendus sur le monde. Ça cherche. Ça ne professe pas.
 
Ce genre de choses, cette beauté-là, on l’entrevoit parfois. Il faut être vacant. Il faut être inattentif, justement. Ces moments, où on ne pense à rien – et où le regard vagabonde seul, sans l’esprit derrière, sans le jugement. Sans « autorité » - et Hubertus n’est probablement pas un « auteur », pas l’ »auteur » de ses œuvres. Le Clezio a écrit cela quelque part – au début – parlant de la main qui écrit comme d’un sismographe. Les dadaïstes aussi ont essayé cela…

IMG_0031.jpgMais Dada, c’est au-dedans. C’est l’inconscient, c’est l’intérieur, c’est prisonnier.
Ce dont je parle, ça n’est pas moi. C’est devant moi – on pense à tout, à rien… L’œil, laissé à lui-même, voit des choses dans les motifs du papier peint… Les mômes le savent – il n’y a pas d’art « abstrait ».
 
 Car la peinture elle est toujours dehors. Car l’homme, en général, il est dehors. Ce n’est que rarement lui qui parle… - c’est le monde qui parle à travers lui. Ses mots, ses œuvres, ses peintures – elles enregistrent. Elles n’ont pas besoin de comprendre pour dire. Elles ne font que transcrire. Les œuvres ont un sens – mais ce sens est dehors. Parce que ce sens est un vivant.
 « Quelque chose parle – et ça n’est pas moi », et ça n’est pas non plus « en moi », ni inconscient, ni quoique ce soit au-dedans… C’est tout dehors. C’est dehors. C’est le monde, et c’est aussi le reste.
 
 D’ailleurs – ça n’a pas de titre, ça n’est pas signé.
 

 

© Texte inédit de Mathieu Blond

 



Illustration 1 - Sans titre 1967 encre sur papier japonais 58 x 47,2 cm

Illustration 2 - Sans titre 1973 estampe 19,7 x 14,8 cm

Illustration 3 - Sans titre 1966 encre sur papier 76 x 57 cm

 

Tous droits réservés

10:10 Publié dans Jan Hubertus, Mathieu Blond | Lien permanent

14/03/2009

Sur Jan Hubertus

A suivre...


Jan Hubertus_0010.jpg

ÉCRITS

Texte inédit de Mathieu Blond 

« En vrac sur Hubertus »

 

Biographie 


Extraits du Livre Jan Hubertus 1920 – 1995 


Texte inédit de Christine Bauer - élève de Jan Hubertus de 1990 – 1992


 

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SUITE…..MISE EN LIGNE DES ŒUVRES 

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