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07/11/2009

Herta Müller

 

 

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Après une pluie d'été qui ne rafraîchissait pas les pierres, des chaînes  de fourmis noires rampaient dans les fissures des pierres de la cour. Adina faisait couler de l'eau sucrée dans le tube transparent d'une aiguille à tricoter circulaire. Elle mettait le tube dans une fissure. Les fourmis y rentraient, se rangeaient à la queue leu leu, qui par la tête, qui par le ventre. Adina collait les extrémités du tube avec une allumette et se mettait le collier autour du cou. Elle se mettait devant le miroir et voyait que le collier vivait, même si les fourmis étaient collées au sucre, chacune morte à l'endroit où elle avait étouffé.

Une fois dans le collier, chaque fourmi était pour l'œil un animal.


Une ombre marche derrière une femme, la femme est petite et courbée, l'ombre garde ses distances. La femme marche dans l'herbe et s'assied sur un banc près de l'immeuble.

La femme est assise, l'ombre reste debout. Elle n'appartient pas à la femme, de même que l'ombre du mur n'appartient pas au mur. Les ombres ont abandonné les objets auxquels elles appartiennent. Elles n'appartiennent qu'à cette fin d'après-midi qui n'est plus.


Extrait, Le renard était déjà le chasseur



 

 

15:34 Publié dans Herta Müller | Lien permanent