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04/08/2009

Fragments

 

CET OBSCUR OBJET DU

DESIR



du 31 juillet – 7 août 2009


William Burroughs La machine molle, Villon Ballades en argot homosexuel, Jean Paul Curnier A vif, Chantal Thomas Sade, Souffrir, George Bataille Le Bleu du Ciel, Poèmes et nouvelles érotiques, Les larmes d’Eros, Marquis de Sade Lettres à sa femme, Les Crimes de l’amour,  Tony Duvert Les petits métiers, Pierre Arétin L’Éducation de la pippa,  Jean Baudrillard Le crime parfait, Giorgio Baffo Sonnets érotiques,  Sandro Penna Une ardente solitude,  Gilles Deleuze Présentation de Sacher-Masoch, Annie Le Brun Les châteaux de la subversion, Soudain un bloc d’abîme, Sade, Philippe Sollers Femmes, Denis Roche Eros énergumène, Choderlos de Loaclos Des femmes et leur éducation , Robert Desnos Jack l’Éventreur, Franz Kafka Lettres à Felice Bauer, Melville Moby Dick, Isidore Ducasse Les Chants de Maldoror, Vladimir Nabokov Lolita, David Herbert Lawrence Lady Chatterley’s Lover, Léon Tolstoï Anna Karénine,  Denis de Rougemont L’Amour et l’Occident, Tristan et Isolde, Albert Cohen Belle du Seigneur, Cyrille Brunet-Jailly et Bruno Le Bail Trois Nocturnes, Bruno Le Bail Nu allongé rouge, Nu allongé bleu

 

 

 


- Une odeur que je capte quand leurs yeux explosent - Bouche bée le garçon me regarda révélant des dents étincelantes les dents les plus blanches que ce Fin Limier n’ait jamais vues - Uniformes navals boutonnés dans les mauvais trous, capitonnés de brouillard maritime de fumée - poussière, odeur de chlore, rhum protège-couilles vermoulus - Et probablement un flic des stupéfiants caché dans la cabine supplémentaire qui est toujours fermée à clef - Les escaliers mènent au grenier d’où il regardait et sa vieille mère qui bougeait - On disait qu’elle était morte - Morte - Avec de tels cheveux aussi - rouges. 

William S. BurroughsLa machine molle


A cette marée montante du meurtre, beaucoup plus acide que la vie (parce que la vie n'est pas aussi lumineuse de sang que la mort), Il serait impossible d'opposer plus que des vétilles, les supplications comiques de vieilles dames. Toutes choses n'étaient-elles pas destinées à l'embrasement, flamme et tonnerre mêlés, aussi pâle que le soufre allumé, qui prend à la gorge, Une hilarité me tournait la tête: j'avais, à me découvrir en face de cette catastrophe une ironie noire, celle qui accompagne les spasmes dans les moments où personne ne peut se tenir de crier, La musique s'arrêta: la pluie avait cessé. Je rentrai lentement vers la gare: le train était formé. Je marchai quelque temps, le long du quai, avant d'entrer dans un compartiment; le train ne tarda pas à partir. 

Georges BatailleLe bleu du ciel



Si tu as peur de tout, lis ce livre, mais d'abord, écoute-moi : si tu ris, c'est que tu as peur. Un livre, il te semble, est chose inerte. C'est possible. Et pourtant, si, comme il arrive, tu ne sais pas lire ? devrais-tu redouter... ? Es-tu seul ? as-tu froid ? sais-tu jusqu'à quel point l'homme est "toi-même" ? imbécile ? et nu ?

Georges Bataille, recommandation introductive à Madame Edwarda

 

Al primo grillo, quando l'aria ancora

è tutta luce, io rinnego il lungo

arido elenco dei ritrovi a sera.

Sandro Penna


Malheureux peut-être l'homme, mais heureux l'artiste que le désir déchire ! Je brûle de peindre celle qui m'est apparue si rarement et qui a fui si vite,comme une belle chose regrettable derrière le voyageur emporté dans la nuit. Comme il y a longtemps déjà qu'elle a disparu !

Elle est belle, et plus que belle ; elle est surprenante. En elle le noir abonde : et tout ce qu'elle inspire est nocturne et profond. Ses yeux sont deux antres où scintille vaguement le mystère, et son regard illumine comme l'éclair : c'est une explosion dans les ténèbres.  Je la comparerais à un soleil noir, si l'on pouvait concevoir un astre noir versant la lumière et le bonheur. Mais elle fait plus volontiers penser à la lune, qui sans doute l'a marquée de sa redoutable influence ; non pas la lune blanche des idylles, qui ressemble à une froide mariée, mais la lune sinistre et enivrante, suspendue au fond d'une nuit orageuse et bousculée par les nuées qui courent; non pas la lune paisible et discrète visitant le sommeil des hommes purs, mais la lune arrachée du ciel, vaincue et révoltée, que les Sorcières thessaliennes contraignent durement à danser sur l'herbe terrifiée !


Dans son petit front habitent la volonté tenace et l'amour de la proie. Cependant, au bas de ce visage inquiétant, où des narines mobiles aspirent l'inconnu et l'impossible, éclate, avec une grâce inexprimable, le rire d'une grande bouche, rouge et blanche, et délicieuse, qui fait rêver au miracle d'une superbe fleur éclose dans un terrain volcanique.

Il y a des femmes qui inspirent l'envie de les vaincre et de jouir d'elles ; mais celle-ci donne le désir de mourir lentement sous son regard.

Charles Baudelaire, Le Désir de peindre



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