17.08.2009
Franz Kafka
Wenn man doch ein Indianer wäre, gleich bereit, und auf dem rennenden Pferde, schief in der Luft, immer wieder kurz erzitterte über dem zitternden Boden, bis man die Sporen ließ, denn es gab keine Sporen, bis man die Zügel wegwarf, denn es gab keine Zügel, und kaum das Land vor sich als glatt gemähte Heide sah, schon ohne Pferdehals und Pferdekopf.
Traductions Interprétations Variations
pour Regard au Pluriel et l'Alimentation Général
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14.07.2009
Alimentation Générale 10 - 17 juillet 2009
FRAGMENTS
David Douglas Duncan

Bruno Le Bail




Cyrille Brunet-Jailly

Calligraphie
Christine Bauer

Une bande verte verdon Éditions Atelier Pictura
Olivier Huard

Peinture collection particulière Cyrille Brunet-Jailly
Sagazan

performance O
Franz Kafka
Wunsch, Indianer zu werden
Lectures, présentation, traductions, interprétations et variations







Phil Rahmy, Mathieu Blond, Jacques Darras, Xavier Cazin, Philippe Maurel, Stéphane Dussel, Martin Rass, Sébastien Ecorce, Pierre Ménard, Habakuk, François Bon, Christine Bauer, Bruno Le Bail, Alexis Kahn, Angèle Paoli, Christine Genin, Déborah Heissler, Christine Jeanney, Joachim Séné, Arnaud Maïsetti, Michel Brosseau, Dom Moreau, Ulrich Georg Sirilsen, Adam Fumée, W.H. Jailly-Bugnet, Jean Fakak, Georges Klostrowitsky, Noémie Lefebvre, Michel Fauchié, Laurent Margantin, Brigitte Célérier, Guidu Antonietti di Cinarca, Eugène Durif
http://regardaupluriel.hautetfort.com/franz-kafka/
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08.07.2009
Alimentation Générale 10 - 17 juillet 2009

Wunsch, Indianer zu werden

Wenn man doch ein Indianer wäre, gleich bereit, und auf dem rennenden Pferde, schief in der Luft, immer wieder kurz erzitterte über dem zitternden Boden, bis man die Sporen ließ, denn es gab keine Sporen, bis man die Zügel wegwarf, denn es gab keine Zügel, und kaum das Land vor sich als glatt gemähte Heide sah, schon ohne Pferdehals und Pferdekopf.
Traductions Interprétations Variations
Métamorphose d’Indien, diagonale au cheval fou sur précipice d’air, son empreinte est spasme de terre, nul signe pourtant, ni mains, ni rênes, à peine une lande rase, sans encolure, ni tête. Phil Rahmy
Quand l’homme, si – il était un Indien, bientôt il – avec tout droit devant, et sur un cheval qui courirait, dedans l’air – toujours encore trop court. Puis : comme galop, on deux fois. On toujours deux fois – alors il y a rien parlé. Rien. Mais je prairie il – tête rase que éperons oui. Que ah ah vrombir je – je popol wuh même. Histoire dire – et dedans l’air. Oui oui. Pas de zügel non plus mais. Le pays avec bouton de chevals et trucs de chevals en bois. Ou pas. Quand l’homme, si - Mathieu Blond
Et si l'on était un indien, prêt sur le champ et fendant les airs sur son cheval lancé, on ne cesserait de frémir sur la terre frémissante, jusqu'à larguer les éperons il n'y avait pas d'éperons, jusqu'à lâcher les rênes il n'y avait pas de rênes et on verrait à peine devant soi la terre pareille à la lande fauchée à ras, désormais sur un cheval sans tête et sans encolure. Jacques Darras
Là tout de suite, maintenant, je suis cet Indien sur son cheval au galop, s'élançant d'un trait, secoué du tressaillement du sol, et je ne sais plus qui de l'un ou l'autre tressaute et tremble, et plus n'est besoin d'éperons ni de rênes, seulement une prairie immense qui m'emporte, et je ne sais plus qui de la prairie ou de moi est ce qui m'entraîne et m'aspire, ne laissant du cheval, ni cou ni tête. Eugène Durif
Si, impromptu, on se découvrait Indien et si, fendant l'air sur un cheval au galop, on se sentait tout convulsé par les caprices du sol, au point que, tout imaginaires qu'ils soient, les éperons nous en tombent, jusqu'à perdre aussi les rênes, tout idéales qu'elles aient été, c'est à peine si on verrait le paysage s'étaler devant soi en lande arasée, bientôt délesté de l'encolure du cheval et de sa tête. Xavier Cazin
Si j’étais un indien, si j’étais un indien à cheval, si j’étais un indien au galop, au galop à bride abattue, à bride abattue et sans éperon, car les indiens n’ont pas d’éperon, si j’étais un indien à cheval dépourvu de rêne, car les indiens n’ont pas besoin de rêne, si j’étais un indien au galop sur une plaine si rase que sa ligne s’efface à présent, si j’étais un indien à cheval, un cheval sans cou ni tête, parce que les indiens ne s’effraient pas pour si peu, si j’étais un indien. Philippe Maurel
Lente descente vers le paysage fou en cavalier comme un héros sauvage : cet indien. Je suis un instant sur la monture, droit, concerné, ma langue entière dans ce paysage, le mâchant en accord. Puis, nu sur le plancher,sans plus de décor, je regarde ma main qui semble vouloir saisir. Stéphane Dussel
Seulement si j'étais indien, je pourrais enfin me passer de mes quatre dromadaires, pourrais en vendre trois à pedro d’alfaroubeira, courir le monde à l'aveugle, trembler aux aguets à la chasse des éternels. Cependant, le quatrième à coup sûr me traiterait de chameau, à mon âge, croire à des histoires côté jardin, côte château. Martin Rass
Si être Indien, cet Autre à parler Soi, dans "la jungle des villes" et des espaces, tente conciliation sur failles d'altérations, l'expression spectre ou affirmation démultipliée d'une minorité, vitesse c'est chevaleresque trouée dans l'incarcération, rotation autour des autorités de masse commune, et oscillation par les vies le surcroît sursaut infigurable gravitation qui nous ramène à cet arrachement princeps. Sébastien Ecorce
Si seulement si un d’eux, Indien vaut mieux que demain, tu l'auras mais là tout de suite, ici même si, un, deux, trois prêt, partez, toujours ailleurs, s’élancer sur son cheval sans elle mais frémissant à bride abattue, ne pas s’en laisser compter jamais, et tout abandonner, il n’y a pas d’abandon qui tienne, pas de bride, pas de chaine, pas de battue, ni gagnant ni perdant, courir à l’air libre, avec juste l’horizon à perte de vue, l’herbe folle qui nous caresse déjà les jambes, foncer à toute allure, échapper à tout, belle l’échappée belle, avec en nous, noués, ce désir Indien et tous les si…Pierre Ménard
Que j'en ai rêvé d'être cet indien prêt à toutes heures et déjà fondant sur son cheval dans les airs, tressautant sur l'encolure comme on tressaute sur le sol, jusqu'à ce que tombent les éperons et qu'on n'ait plus d'éperons, que tombent les rênes et qu'on n'ait plus de rênes. Qu'il ne reste plus rien que cette immense prairie toute rase, et même plus peut-être de cheval, un peu de son cou, un peu de sa tête et puis plus. Habakuk
Si seulement on était un indien, prêt à surgir, et sur son cheval au galop, fondant dans l’air, agité des mêmes secousses que le sol qui nous secoue, et que tombent les éperons –puisqu’il n’y a même pas d’éperon, et que pas besoin de rênes, parce qu’il n’y a pas de rênes, à peine s’il y a la prairie, plane et rase, à peine si encore le cou du cheval et sa tête. François Bon
Si on était un indien, tout de suite prêt et sur un cheval qui court, à travers dans l’air, toujours secoué de petites secousses sur le sol qui secoue, jusqu’à en perdre les éperons, car il n’y a pas d’éperons, jusqu’à jeter les rênes, car il n’y a pas de rênes, et à peine visible devant, une prairie coupée à ras, déjà sans cou et tête de cheval. Christine Bauer
Vouloir être un indien, déplumé sur un cheval courant l'air toujours, secousses du sol sans éperons, sans rênes, sans voir la lavande tondue, sans cou pas de tête de cheval hurlant. Bruno Le Bail
Rien ne compte autant qu'être un indien, car désormais tu chevauches l'espace même, sans entrave, et que la plaine n'est alors qu'une plaine où il n'y a enfin qu'une plaine rase, enfin. Alexis Kahn
Tout de suite je suis un sioux à cheval dans le vent qui s'écarte, vibrionnant sur le sol tremblant comme plumes dans le vent. Mais cela aussi s'efface, et je ne suis rien. Ni encolure. Alexis Kahn
Déjà, vous êtes un indien, et sur le cheval, vous chevauchez tout ce qui tremble. Mais, rien ne vous ressemble autant que ce qui en nous tremble - notre sol même - et cela n'est rien. Car il y a la plaine rase, il y a le galop, le silence et la mort de tout cela qui est indifférent. Alexis Kahn
Si j'étais un indien, peut-être préfererais-je une, indienne je fus, dans un autre jadis, un jour, il y a longtemps il y a et je volais volais, crinières au vent, grand galop de wapiti zébrant la steppe des Amériques, Oklahoma Arkansas Missouri, peut-être étais-je, jument fantôme flèche nue fendant l'espace - noir- nuit vibratile pailletée d'étoiles. Et j'ai fumé fumé le narghilé de la liberté avec- cherokee ou cheyenne - la grande squaw des déserts des montagnes des forêts,- wakan-tanka wakan-tanka wakan-tanka. Angèle Paoli
Faire comme si on était un indien, toujours prêt à s’enfuir sur un cheval fendant l’air pour échapper aux spasmes de la terre, et s’aperçevoir qu’on a perdu ses éperons, car il n’y avait pas d’éperons, qu’on a laché les rênes, car il n'y avait pas de rênes, et que progressivement le paysage virtuel s’efface, se mue en une matrice vide, tandis que l’encolure puis la tête du cheval retournent aux pixels. Christine Genin
Et si seulement on était cet indien – dans l’instant prêt à chevaucher et à fendre les airs, balloté toujours plus avant sur le sol vibrant toujours plus, jusqu’à ce que les éperons échappent, qu’il n’y ait plus aucuns éperons, jusqu’à rejeter les rênes, qu’il n’y ait plus même de rênes –, et que devant soi la terre ne semble à peine plus qu’une lande fauchée à ras. Sans plus ni col, ni tête, d'aucun cheval. Déborah Heissler
Oh, pourquoi ne pas être un Indien, là, tout de suite, et fendre l’air oblique, à cheval, la terre tremble en secousses qui font tomber les éperons, il n’y en a plus, et les rênes s’effacent, la terre est sans limites, et le cou et la tête du cheval disparaissent, être un jour un indien. Christine Jeanney
Veine manne d'or, haine. Il m'dit, y'a une heure, "véreux!". J'enclenche Beretta où d'autres (des Reines enfermées) giflent des relous. Hilmer, videur, course et vise d'une tarte Hubert, décidé en loden qui mendie, sporadique, donne à ce gars, qu'aime le sport, vil bandit. Tous gueulent: "fais gaffe !" Donne à ce gars un coup de genou, gueule, la honte ! Comme ça, lent voltage claque, des miettes, un, deux, s'acharnent au fier des Halles pour s'faire décoffrer. Joachim Séné
Supposons - supposons que tu sois un indien, là (ici et maintenant), et supposons que monté sur le cheval (lancé dans l'air), chaque pas toujours plus écroulé sur le sol écroulé sous ces pas, tous éperons lâchés (d'autant plus qu'il n'y a pas d'éperon), toutes brides abattues (d'autant plus qu'il n'y a pas de bride), et de la terre tu ne verrais que son mouvement tremblant et disparu (peu à peu), comme bientôt le cheval, sa tête, (son cavalier sur l'encolure). Arnaud Maïsetti
Indien l'avoir été guidon en guise de rênes l'encolure pourtant si pleine et vive au souvenir s'élancer s'élancer n'avoir plus que vent droit devant et ne plus s'arrêter sans trace d'épérons ni d'étriers soi et l'horizon ne plus finir. Michel Brosseau
Devenir indien. A cru et d'un galop effréné prendre l'air. De rien. En aveugle le fendre. Secouer la terre et à son rythme lancinant se laisser mouvementer. Hoqueter jusqu'à lâcher au vent éperons et rennes, carquois, carcans. Raser de vitesse l'horizon et perdre la tête à la ligne de fuite. Sans fin, plume. Rien. Dom Moreau
Car aussitôt peau-rouge peinturluré lancé plein gaz dans l’espace tordu et marbré voilà déjà la plaine infinie qui saute et se déploie en l’absence de toute nature, sans encolure, ni tête, nom d’un cheval. Ulrich Georg Sirilsen
Et voilà l’indien derechef qui fuit brides abattues au travers des rases plaines qui fuient, sans même d’indien, ni de cheval, et où sont les éperons ? Adam Fumée
Hop l’iroquois s’élance et fend le plat du pays qui tremble et de l’herbe qui fuit et hop rien, ni ceci, ni iroquois. W.H. Jailly-Bugnet
C’est Franz monté comme un fou sur le mustang qui disparaît soudain laissant la plaine en l’état et pas plus d’éperons que de brides. Stop. Jean Fakak
Ah ! si à l’instant même tout n’était que vitesse, éclair et fuite sous le vent ! Le tout bien emplumé et hululant, sauf que non, ni tête. Georges Klostrowitsky
Quand homme pourtant un Indien serait, maintenant prêt, et sur le courant cheval, travers dans l’air, toujours nouveau court secouait sur le sol secoué, jusque homme les éperons jusque homme les rènes chemin jeta car ce donnait pas de rênes et à peine le pays devant soi comme lisse tondue lande déjà sans cheval cou et cheval tête. Noémi Lefebvre
Si sur la deux-chevaux fendant l’herbe folle les pied sur les étriers-frein/accélérateur, comme un indien – la capote dressée une plume noire, et les vitres latérales claquant comme autant de rênes laissées laches, toute musique flat-twin aiguë au-dessus de l’air ; chaos des cahots. Michel Fauchié
Si j’étais un Indien, si j’étais un Apache, alors je monterais, lunettes noires au nez, sur le cheval à tête de mort, sentant bien vite les éperons s’évanouir à mes pieds, les rênes à mes mains, le paysage tremblant à mes yeux, enfin le mal à mes poumons. Laurent Margantin
Être un indien, traversant sur un cheval fou, frémissant en recevant dans le corps le relief du sol fracassé par la course, en perdant ses éperons, lachant de ses irréelles mains les rênes imaginaires, n'étant plus que la vision de la lande fauchée, perdant conscience de la bête. Brigitte Célérier
N’être qu ‘indien chevauchant dans les airs , fluctuant toujours plus à l’horizon vers le couchant, sur un sol toujours plus incandescent, à en perdre les éperons à envoyer au diable les rênes comme si devant dans le lointain à perte de vue la prairie fauchée à ras n’ attendait plus ni cheval ni scalp ni humain. Guidu Antonietti di Cinarca
Si on était un indien donc, toujours prêt, et monté sur un cheval qui court, fendant l’air, toujours secoué par un sol inégal, jusqu’à ce que l’on laisse des traces d’éperons, bien qu’il n’y ait pas d’éperons, jusqu’à ce que l’on jette les rênes, bien qu’il n’y ait pas de rênes, et que l’on voit difficilement le territoire devant soi, lisse lande tondue, déjà sans cou et tête de cheval.
Si seulement on était un Indien, tout de suite prêt, et qu'incliné en l'air sur son cheval lancé on frémissait sans cesse brièvement sur le sol frémissant, jusqu'à abandonner les éperons, car il n'y avait pas d'éperons, jusqu'à jeter les rênes, car il n'y avait pas de rênes, et qu'on voyait à peine le pays devant soi comme une lande tondue à ras, déjà sans encolure ni tête de cheval.
Si pourtant l'on était un indien, prêt aussitôt, et sur le cheval lancé à toute allure, penché en avant à l'oblique contre le ciel, secoué sans cesse d'un tressaillement rapide au-dessus du sol qui tremble, jusqu'au moment de quitter les éperons, car il n'y avait pas d'éperons, jusqu'au moment de rejeter les rênes, car il n'y avait pas de rênes, et l'on voyait à peine le pays devant soi comme une lande tondue à ras, et déjàsans encolure ni tête, le cheval.
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