06 novembre 2009
Tintoret

Jacopo Robusti (Tintoret)
Autoportrait - La peinture à Venise au XVIème siècle - Musée du Louvre
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19 octobre 2009
Al - Fârâbî
LA PHILOSOPHIE DE PLATON
Al-Fârâbî (872 – 950), qui vécut à Bagdad au IXe siècle, est considéré comme le premier grand philosophe musulman. De son vivant, il fut surnommé le « second Maître », Aristote étant le premier. Toute sa vie il a cherché à accorder la philosophie de Platon à celle d’Aristote et s’est donné pour tâche de ramener la sagesse grecque dans les pays arabes.

§ 1.
D’abord, il rechercha les choses humaines qui rendent l’homme enviable pour savoir laquelle constitue la perfection de l’homme en tant qu’homme, car tout être a une perfection. Ainsi, il rechercha si la perfection de l’homme consiste seulement à avoir des organes corporels en bon état, un beau visage et une peau douce ; si elle consiste aussi à être d’ascendance ou de famille distinguée, ou à avoir une grande famille et de nombreux amis et amoureux ; ou si elle consiste aussi à être prospère ; ou à être glorifié et exalté, à gouverner un groupe ou une cité dans laquelle son commandement s’impose et engendre la soumission à sa volonté. Pour que l’homme parvienne au bonheur qui lui donne cette perfection ultime, suffit-il d’avoir certaines de ces choses ou toutes ? Il lui devint clair à mesure qu’il examinait ces choses, soit qu’elles n’étaient pas elles-mêmes le bonheur et qu’elles étaient seulement tenues pour être le bonheur, soit qu’elles n’étaient pas en elles-mêmes suffisantes pour obtenir le bonheur sans qu’une autre chose s’ajoute à elles ou à certaines d’entre elles.
§ 2.
Ensuite il rechercha ce que cette autre chose devait nécessairement être. Il lui devint clair que cette autre chose, dont l’obtention revient à celle du bonheur, était une certaine connaissance et un certain mode de vie.
Tout cela se trouve dans son livre intitulée ‘lAlcibiade (c’est-à-dire Règle) Majeur, qui est connu sous le titre De l’Homme.

§ 3.
Ensuite, après cela, il rechercha ce qu’est cette connaissance et ce qui la distingue, jusqu’à ce qu’il découvrît ce qu’elle était, ce qui la distinguait, son caractère et qu’elle était la connaissance le l’essence (la substance) de chacun des êtres : cette connaissance est la perfection ultime de l’homme et la plus haute perfection qu’il soit susceptible d’acquérir. Cela se trouve dans le livre qu’il a intitulé le Théétête (qui signifie volontaire).

§ 4.
Ensuite, après cela, il rechercha le bonheur qui est véritablement le bonheur, ce qu’il est, de quelle connaissance il est la conséquence, l’état du caractère en lequel il consiste, et l’acte en lequel il consiste. Il le distingua de ce que l’on croit être le bonheur et qui ne l’est pas. Et il fit savoir que le mode de vie vertueux est ce qui permet d’obtenir ce bonheur. Cela se trouve dans son livre intitulé le Philèbe (qui signifie aimé).

A SUIVRE...
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Darren Almond

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10 octobre 2009
Armand Dupuy
9'32 Pollock

Oublions. De toute façon, mon
père ne connaît pas Pollock. C'est dire
s'il lui ressemble

À East Hampton, le
ciel ne bouge pas. Simplement, le matin
recommence. On pourrait trouver l'heure
mais non. C'est juste qu'il ne fait pas
d'ombre ce matin. Pollock ne jette pas
d'ombre sur le sol aujourd'hui. Pollock
ne prend pas la lumière. De là à dire que
Pollock n'existe pas, il n'y a qu'un pas. Il
n'y a rien.

Pollock est novembre. Pollock
s'est levé d'abord ou peut-être qu'il n’a
pas. Pollock n’a pas dormi sans doute.
Pollock jette sa clope. Et Pollock ce matin
me dit merde. Sale nuit, sale tête. Les
yeux cramés, la chemise noire. Pollock
ne fait plus l'effort. Il crache le mégot qui
s'éteint sur sa lèvre. Pollock me crache à
la gueule ce matin, Pollock me dit merde
de sa langue bien mâchée. Il faudra faire
sans Pollock certains jours.

Pollock, c'est ma façon
d'ignorer.

Pollock n'est pas là pour qui l'attend.
On se trompe en venant voir Pollock car
Pollock n'aime pas la visite. Pollock se
sent seul mais n'aime pas ses amis. Il
ne s'aime pas, pas plus qu'il ne m'aime.
Pollock ne me connaît pas mais ce
Pollock-là du fond de ma tête me scrute.
Il ressemble à s'y méprendre aux arbres
nus sur le ciel de Springs. Je n'irai pas
voir Pollock ni là.

Et Beckett
lance c'est tuant les souvenirs, mais
Pollock c'est pire. Pollock est vide. C'est
la falaise dans son dos, Pollock le sent.

Pollock n'a pas d'enfants, tant mieux.
S'il avait des enfants, Pollock leur dirait
sales porcs de sa langue très sale, leur
collerait trois beignes, au lit ! Pollock
aimerait ses enfants, mais ne saurait pas
car Pollock en a peur. Pollock a peur que
les enfants ne sachent pas dormir. C'est
ce que pense Pollock en s'endormant.
Pollock ne peut pas dormir s'il ne tombe
pas.

Alors peindre ne le concerne
pas. Il verse le mur, c'est pas si mal. Il
peindrait le ciel qu'on s'y ferait prendre.
Mais Pollock n’invente pas donc le sens
ne vient pas.

Pollock ne compte plus. D'ailleurs on n'a
pas d'oiseaux dans le ciel de Springs,
pas d'oiseaux sous le ciel blanc de
Pollock. L'espace pictural est un mur,
bien sûr, mais pas.

Pollock va sa sève
lente ou furieuse qui le va. Il sent quand
même ce passé véloce qui l'attrape.

Pollock tète sa clope face aux collines
foncées. Pollock est debout. Il raconte
un tas de choses dans sa langue qu'on
ne comprend pas. Puis Pollock se tait,
passe en crabe. Quand Pollock se tait ou
bien qu'il ne fume pas, Pollock mâche
l'intérieur de ses joues. C'est-à-dire que
Pollock se mange à petit feu debout.

© 1999 Estate of Hans Namuth, © Armand Dupuy, extrait carnet de note, © 1999 Estate of Hans Namuth., © Jackson Pollock - Black and White Number 20 - New York - Los Angeles County Museum of Art, © ARS, NY and DACS, London 2004, Film still, © Jackson Pollock and Lee Krasner papers, circa 1905-1984. Archives of American Art., © Untitled Jackson Pollock (American, 1912-1956), © Jackson Pollock ( 1912 - 1956 ) Photo M. A. Vaccaro, New York, © ARS, NY and DACS, London 2004, © Jackson Pollock and Lee Krasner papers. Archives of American Art, Smithsonian Institute, © Armand Dupuy, extrait carnet de note, Untitled from an untitled portfolio Jackson Pollock (American, 1912-1956),
19:26 Publié dans Armand Dupuy, Jackson Pollock | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
08 octobre 2009
Raymond Federman (1928-2009)

© Olivier Rolle
« Je suis assis dans mon bureau – c’est comme ça que l’histoire que j’ai enregistrée commence – je suis assis dans mon bureau en Californie – San Diego Californie – tout près du soleil – voilà huit ans que j’ai emménagé ici pour finir mon travail et régler mes comptes avec moi-même – je suis assis à mon bureau et regarde par la fenêtre la splendide vue en face de moi – incroyable – la vallée les montagnes les arbres le ciel les oiseaux qui voltigent dans le ciel – il faut voir ça – magnifique – une bonne journée pour moi – je me sens bien – ça a commencé par une partie de golf ce matin – j’ai fait un 81 – oui 81 – 38 sur les neuf premiers trous – sept greens en régulation – deux birdies – les derniers neuf trous un 43 – deux lousy bogeys – deux erreurs stupides – l’esprit erre parfois quand on se balade dans la nature – mais un solide 81 c’est pas mal pour un vieux bonhomme comme moi – ensuite retour à la maison pour travailler sur Mon corps en neuf parties avec ses trois suppléments – la version en anglais – My Body in Nine Parts – aujourd’hui je travaille sur mes cicatrices – dans un moment de méditation j’ai levé les yeux là-haut sur les housses du ciel et sur le somptueux paysage devant moi – incroyable – et j’ai pensé – quand tu mourras tout cela s’éteindra – plus rien à voir – nothing more – juste le noir – ce sera comme si tu plongeais dans un grand trou noir – la tête la première qui fendra l’air – et dans ce tournoiement vers le néant tout deviendra obscur et invisible – bien sûr ça n’engage que moi de le penser et de le formuler comme ça – je me demande si cela suggère la possibilité d’un après – d’un au-delà – d’une autre forme de vie après la mort – je me serais alors trompé toute ma vie – non – je ne vais pas tomber dans la grande connerie méta-pata-physique – non – pas de tours de magie – pas de mensonge surhumain – pas d’intervention divine – je suis un simple être humain – mortel – j’en suis conscient – et pour l’heure je suis bien vivant – je m’en fous de l’au-delà – mais pour nous divertir un peu imaginons-nous mort… »
Les Carcasses, Raymond Federman, Éditions Léo Scheer
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02 octobre 2009
Mathieu Brosseau

© Winfried Veit
UNS
S’INTRODUIRE
Accueillir, à force de compter les ombres, tu ne pourras pas non plus accueillir. Le cri viendra avant l’acte, plein d’échardes tu seras, marcher tu ne pourras plus. Ce sera la confusion de tes organes, n’accepte plus d’être vu par les reflets sans âme, sortilèges jetés par les mystificateurs. Je saurai battre l’esprit là où il veut entrer et tu me nommeras sens et dans la marche nous réveillerons la parole éteinte par le vent des esprits parleurs.
BEAUCOUP SONT PASSIONNÉS DE CINÉMA
Ou ciel. En français, on ne distingue que trop mal la parole qui passe du cul à la gorge, de l’archaïque au présent contraint. D’avec la parole qui parle, comme babel bavarde. Tisse. L’ascension m’est personnelle. Le vide au-dedans. Ces deux paroles sont pourtant très distinctes. L’une est objet, de l’autre on ne peut connaître que la trace. Les yeux se portent sur l’écran, la lumière sépare le cul de la gorge, les yeux de la toile.
JE FAIS DANS LE FERMÉ
…faire du fermé est la fuite possible la seule la brèche du temps hors de la succession ça existe n’en déplaise à nos penseurs il faudra vous y faire la langue n’y peut rien tu ponds tu fais dans le fermé c’est la boule qui roule…
T OUT SE PASSE COMME SI L’ABSENCE N’AVAIT PAS SA PLACE AU MONDE
Les yeux saignent. A cause des cils bien trop affûtés.
Je lui parle, la modernité m’est impossible.
F AIRE CONFIANCE À LA DYNAMIQUE
Derrière. Devant, il considère ses jambes, on lui a appris qu’elles servaient à avancer, se baisser, s’élever. A bouger, en somme. Enfin, on lui a dit. Il ne peut pas marcher, s’arrête et décompose son mouvement avec la mémoire du pas.
E N VRAI MAIS SANS CORPS
Or la figure sans contour est au centre du coeur.
F ROID > FROID > FROID
Tu vois là-bas la promeneuse marcher avec un phallus tout droit, dardé, c’est la concentration, elle perle au bout du bout, dense et déjà sexuée.
L E SILENCE DE TOUTE MUSIQUE
il est certain que nous nous tendront, jusqu’à l’os, vers cet impossible distraction du temps démêlé, ce qui fera de nous les hérauts du possible,
j’irai avec toi irriter la pure distraction du seul homme encore sous terre : aucune bêtise n’a été faite : nous croyons qu’aucune erreur n’a été commise, il n’est pas impossible que nous nous retrouvions, dans le sac pendu des affaires à vérifier, suis-je une erreur mathématique ?
je le croise, lui qui me ressemblait, je lui parle, il me répond, il faut dire qu’il regardait les précipices avec une telle concentration, que ses yeux semblaient vouloir s’y jeter, mes larmes se tracent, le vent levé, car il y a du vent, les tensions de l’action allant vers lui, vertueux, il me répond qu’il croit, comme moi, en la grande absence du voir,
L ‘INHUMAIN
longtemps j’ai imaginé qu’en m’abaissant, les hommes n’iraient pas me marcher dessus, mon ombre a depuis longtemps décidé de ne plus s’inscrire, seule dans la cachette du soleil,
j’imaginais que leur bouche animale construisait du sens là où il n’y avait que des mouvements étranges de lèvres et de langues obscènes, oui, obscènes, à me vautrer dans l’inconnu animal, j’ai pensé qu’en pleurant mes chers disparus, je retrouverais leur image encore intact, je me souviens de ce qui, jadis, me faisait rire, j’ai cru qu’à force de maudire l’apesanteur, le don de parler sans dire allait m’être confié, j’ai cru que personne ne m’en saurait gré, il m’a semblé qu’en criant à hue et à dia, qu’en pleurant mon sang, mes amis si chers iraient me dire dans quelques silences majeurs que rien n’était perdu, que j’aurais la possibilité de revenir au centre de l’être, sur le silence de toute musique,
ç A RESPIRE
nos mains le savent, quelque chose d’inacceptable, chose des vanités, choses qui puise en notre coeur l’absence déjà connue de l’existence, quelque chose qui retient l’eau dans les tissus des végétaux, sève et chimie de toute vie, il faudrait être fou ou ciel ou rien, autrement dit, il faudrait l’être pour être végétal parmi les vies, cloué au sol, il absorbe l’eau vivace des sous-sol, il retire comme la vie retire, il transforme comme la forme transforme, de fait, les choses s’appellent, s’attirent les unes les autres, de fait, il faudrait être fou pour ne pas vouloir marcher, en fait les plantes sont folles de ne pas accepter d’avancer horizontalement,
ç A AIME
les fossiles diront : ça aime pour mieux endurer la peine et les temps, mais si toi et moi poussons la langue dans l’entre-deux, dans la jointure liant les moments,
LE COMMERCE DE LA MÉMOIRE
le monde est fondé sur les mains, si elles étaient coupées, il y aurait la solitude des prières sans mains, il y aurait l’odieuse impression d’être rendu à l’immédiat séparateur,
UNS
ton corps se bat contre le corps des autres parce que nous avons l’intuition et la conscience de l’excroissance, il me faut être un truand, c’est le conflits des regards et des soupirs, des échanges de pierres, la rivalité des constructeurs, d’un autre côté, il faut toujours être deux, l’un va, l’autre part, l’un passe, l’autre vient,
L’ANIMALERIE
cette vie, cette folle traversée sans travers, sans amer, sans l’idée de perte, entre les temps, l’idée du refuge s’oppose aux mains trop pleine d’animaux, de l’identité,
le berger, dans son corps se trouveront les bêtes, les mains parlantes s’ouvriront, coriaces et fortes, féroces et impies, une gourde trop pleine, l’émancipé n’aura plus à écrire, pour ne plus écrire, il ne faut plus écrire, mes mots auront le sens de la joie unique, son corps s’écrira dans la trace, sa salive dira les mots et les morts renoncés
ce qui te prendra ne pourra plus être la mort car dans l’image, il n’y aura plus aucun désespoir, dans l’image tu verras les renards, les bisons, les hermines, tous ces animaux courant à pleine vitesse, ta voix prendra un ton étrange, celui de l’infortune et du hasard !
NAÎTRE POUR CONNAÎTRE CE QUI EST NÔTRE
Je ne sais pas si mon corps, toujours renaissant par la tête, saura supporter le poids et la forme de cette faune, c’est en moi qu’ils se nichent, ces animaux, ils s’émancipent et commencent leur ronde et leur train et leur déluge et leur expression du vivre, aussi prompte à tenir que celle du mourir.
Extraits
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15:38 Publié dans Mathieu Brosseau | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
01 octobre 2009
Vanessa Stephen Bell

22:33 Publié dans vanessa stephen bell | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Hogarth Press
18:57 Publié dans Hogarth Press | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Virginia Woolf

17:37 Publié dans Virginia Woolf | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
























































